L’égal des Rois, comédie musicale à naître

Qui était Bertrand Du Guesclin ?

Un petit seigneur breton, laid comme pas deux à ce qu’on raconte, qui a fini connétable de France et enterré à côté des rois.

Un siècle en guerre

Bertrand Du Guesclin est né vers 1320, au château de la Motte-Broons, pas très loin de Dinan. Il était l’aîné d’une famille de petite noblesse bretonne, des seigneurs de campagne qui n’étaient pas bien riches. Il faut se rappeler qu’à cette époque, la France est en pleine guerre de Cent Ans. Il y a la peste noire, il y a les Anglais, et il y a aussi des bandes de soldats qui pillent les campagnes.

En Bretagne, on a en plus sa propre guerre. Deux familles se disputent le duché : d’un côté Charles de Blois, soutenu par le roi de France, et de l’autre Jean de Montfort, soutenu par les Anglais. Bertrand se range du côté de Charles de Blois, et c’est dans cette guerre-là qu’il va apprendre son métier de soldat.

Le Dogue noir de Brocéliande

Le trouvère Cuvelier, qui a écrit un très long poème sur sa vie quelques années après sa mort, raconte que Bertrand était l’enfant le plus laid qu’on puisse trouver entre Rennes et Dinan. Un enfant dur, bagarreur, que sa propre famille avait bien du mal à aimer.

On raconte aussi que vers 1337, au tournoi de Rennes, il s’est battu sans montrer son visage, et qu’il a renversé plusieurs adversaires avant qu’on découvre qui il était. Vrai ou pas, c’est un peu là que commence sa légende.

Ses débuts, il les fait surtout dans les bois bretons, en tendant des embuscades aux Anglais. C’est de là que lui vient son surnom, le Dogue noir de Brocéliande. En 1356 et 1357, il participe à la défense de Rennes, assiégée pendant des mois par le duc de Lancastre. La ville tient bon, et le dauphin Charles, celui qui deviendra plus tard le roi Charles V, commence à entendre parler de ce Breton.

Vainqueur et prisonnier

En 1363, il épouse Tiphaine Raguenel, une jeune femme noble de Dinan. On la disait très instruite, et même savante en astrologie, ce qui n’était pas courant à l’époque.

Au mois de mai 1364, à Cocherel en Normandie, il remporte une belle victoire sur l’armée du roi de Navarre, qu’on surnommait Charles le Mauvais. C’est la première grande victoire du règne de Charles V, et le roi ne l’oubliera pas.

Mais quelques mois plus tard, en septembre, c’est la défaite d’Auray. Le camp de Charles de Blois est battu, Charles de Blois lui-même est tué, et Du Guesclin est fait prisonnier par le capitaine anglais John Chandos. Comme souvent à l’époque, il faut payer une rançon pour le libérer, et c’est en bonne partie le roi qui la paie.

L'aventure espagnole

À ce moment-là, le royaume est envahi par les Grandes Compagnies. Ce sont des soldats qui n’ont plus de guerre à faire et qui vivent sur le pays en pillant tout ce qu’ils trouvent. Le roi demande à Du Guesclin de les emmener avec lui en Castille, en Espagne. Là-bas aussi, deux frères se battent pour la couronne : Henri de Trastamare, que soutient la France, et Pierre le Cruel, que soutient le Prince Noir, le fils du roi d’Angleterre.

En 1367, à la bataille de Nájera, le Prince Noir gagne et Du Guesclin est de nouveau fait prisonnier. On raconte que, par fierté, il a fixé lui-même le prix de sa rançon, et qu’il l’a fixé très haut. Deux ans plus tard, en 1369, il prend sa revanche à Montiel, et Henri devient enfin roi de Castille.

La fin d'un connétable

En 1378, le roi veut confisquer la Bretagne au duc. Pour un Breton comme Du Guesclin, la situation devient très difficile, car il se retrouve coincé entre sa terre natale et son roi. Il repart quand même se battre, cette fois contre les bandes de pillards dans le sud du royaume.

Il meurt de maladie le 13 juillet 1380, devant Châteauneuf-de-Randon, en Gévaudan, alors qu’il assiégeait la place. D’après la tradition, la garnison avait promis de se rendre, et elle a tenu parole : les clés de la ville ont été déposées sur son cercueil.

Comme cela se faisait pour les grands personnages, son corps a été partagé. Ses entrailles sont restées au Puy-en-Velay et sa chair à Montferrand. Son cœur est parti pour Dinan, où il se trouve encore aujourd’hui, dans la basilique Saint-Sauveur. Et ses os ont été enterrés à Saint-Denis, avec les rois de France, parce que Charles V l’avait voulu ainsi. Le roi, lui, est mort deux mois plus tard.

Blason de Bertrand Du Guesclin

De l'histoire à la scène

Dès sa mort, l’histoire de Bertrand Du Guesclin s’est mélangée à la légende, à force d’être racontée et embellie par les chroniqueurs. L’égal des Rois continue un peu dans ce sens. Ce n’est pas un livre d’histoire, c’est un spectacle, et comme toute légende, il prend parfois des libertés avec les faits, pour donner la parole à ceux qui l’ont connu.

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