L'ÉGAL DES ROIS - COMÉDIE MUSICALE À NAÎTRE
LES TEXTES
Ce que vous lisez ici, ce sont les chansons. Le reste, transitions, apartés et quelques surprises, attendra le lever de rideau.
Acte I

Te voilà propre, droit.
Ha ha ha (rire) droit, tu es enfin droit !!!
Ils t'ont lavé, ils t'ont couché, et ils t'ont menti.
Ils ont mis de l'or partout, autour de toi, sur toi, comme si l'or pouvait effacer ce que j'ai vu, ce que tu es.
Mais ils vont se battre pour le récupérer dès que tu auras le dos tourné.
Tu es ce que tu es, rien de plus !!!
Tu n'aurais jamais dû venir au monde.
Ou alors mort, noyé, que sais-je !!
J'ai prié pour ça, prié, prié, prié, tu sais. J'ai tellement prié fort.
Et le ciel n'a rien voulu entendre, comme d'habitude.
Quand je t'ai vu, je t'ai détesté.
Pas après. Pas le lendemain. Tout de suite.
Cette tête. Cette peau, ah ah (rire), un sanglier noir. Ce corps qui n'était pas un enfant, qui était déjà autre chose, quelque chose qu'on n'ose pas nommer.
Juste te cacher, beurrrrkkk !!!
Dégage, je dis. Dégage. Dégage. Dégage aux cuisines.
Cuire les os. Racler les fonds de marmite. Faire les sols.
Dégage, dégage, hors de ma vue, hors de ma lumière !...
Tout ça pour toi. Pour un enfant des cuisines qui ne sait même pas lire et écrire.
Ils n'ont rien compris. Ils n'ont jamais rien compris.
Mais moi je sais qui tu es !!!
Tu ne me piégeras pas !Pourquoi t'apprendre à lire, à compter
Toi qui n'es bon qu'à laver, à récurer
Les gamelles du château, dans le sous-sol
Une chandelle pour toute écoleLe latin, les lettres, c'est pour les autres
Pas pour un fils qu'on cache sous nos portes
Ta place était la cave, pas la salle
Jamais les livres, jamais, ainsi je t'effaceEt quand tu sortais de cet enfer
Les gamins t’attendaient derrière
Ils riaient tout haut de ta gueule
Tes poings parlaient, devant la meuteUn contre trois, un contre quatre
Tu tombais, te relevais pour te battre
Plus dur qu'un dogue sous les chaines
Ce n'est pas mon sang dans tes veines
Acte II
Cette chanson restera secrète jusqu'au levé du rideau